Entrées d’air sur fenêtres : quand sont‑elles obligatoires et à quoi servent‑elles vraiment ?
Dans un logement moderne, très bien isolé, l’air ne circule presque plus naturellement, surtout avec des menuiseries neuves très étanches. Résultat : sans système de ventilation adapté, l’humidité, les odeurs et les polluants intérieurs s’accumulent.
C’est pour éviter cette situation que la réglementation française impose une ventilation « générale et permanente » des logements, avec une circulation d’air organisée pièce par pièce.
1. Ce que dit la réglementation française
Depuis l’arrêté du 24 mars 1982, chaque logement doit disposer d’un système de ventilation qui fonctionne en continu, au moins pendant les périodes où l’on garde les fenêtres fermées.
Le principe est simple :
- Entrées d’air dans les pièces principales (séjour, chambres, bureau)
- Sorties d’air dans les pièces de service (cuisine, salle de bains, WC)
afin d’assurer un « balayage » de l’air du propre vers le plus pollué.
La loi n’impose pas l’emplacement exact des entrées d’air, mais dans la pratique, elles sont très souvent intégrées aux fenêtres ou portes‑fenêtres des pièces principales.
2. Pourquoi les entrées d’air sont indispensables avec des fenêtres neuves
Une fenêtre PVC, alu ou bois moderne est conçue pour être très étanche à l’air, ce qui améliore fortement les performances thermiques du logement.
Mais cette étanchéité a un revers :
- Moins de fuites d’air « naturelles »
- Plus de risques de condensation sur les vitrages
- Apparition possible d’humidité et de moisissures sur les murs si la ventilation n’est pas assurée correctement.
Les entrées d’air permettent d’introduire un débit d’air neuf maîtrisé, compatible avec la VMC ou la ventilation naturelle du logement, sans ouvrir les fenêtres en grand en plein hiver.
3. Construction neuve : entrées d’air sur fenêtres, dans quels cas sont‑elles obligatoires ?
En construction neuve, la ventilation fait partie intégrante de la conformité du bâtiment : la réglementation fixe des débits minimaux d’air à assurer dans le logement, en fonction du nombre de pièces.
Dans la grande majorité des maisons et appartements neufs :
- Une VMC simple flux (auto ou hygroréglable) extrait l’air vicié dans les pièces de service
- Des entrées d’air sont alors nécessaires dans les pièces principales, le plus souvent en partie haute des fenêtres.
La RE2020, qui s’applique aux constructions neuves récentes, renforce encore ces exigences en imposant une enveloppe très étanche (test de perméabilité) et un contrôle spécifique des systèmes de ventilation.
Dans ce contexte, les fenêtres avec entrées d’air intégrées restent aujourd’hui la solution la plus courante pour respecter les débits réglementaires dans les pièces principales.
4. Quand peut‑on se passer d’entrées d’air sur les fenêtres ?
Il existe des cas où les fenêtres peuvent être livrées sans aérateurs, sans être en contradiction avec la réglementation :
- Logement équipé d’une VMC double flux : l’air neuf est introduit par des bouches de soufflage déportées (plafond, murs), et non par les fenêtres.
- Pièces non habitables ou non chauffées (certaines vérandas, locaux techniques) : les exigences de l’arrêté du 24 mars 1982 ne sont pas les mêmes que pour les pièces de vie.
En dehors de ces configurations, installer des fenêtres sans entrées d’air dans des pièces principales d’un logement étanche expose à un risque de non‑conformité et de mauvaises conditions sanitaires (air stagnant, humidité).
5. Rénovation : entrées d’air recommandées… et parfois indispensables
En rénovation, la situation est plus nuancée : la loi impose un résultat (ventilation générale et permanente), mais pas une solution unique.
Les entrées d’air sur fenêtres deviennent très recommandées si :
- Vous remplacez des vieilles menuiseries peu étanches par des fenêtres très performantes
- Le logement ne dispose pas de VMC ou d’un système de ventilation mécanique récent
- Vous réalisez une rénovation globale avec forte amélioration de l’étanchéité à l’air.
Ne pas prévoir de nouvelles entrées d’air dans ces cas peut entraîner : condensation sur les vitrages, dégradation des finitions, développement de moisissures et inconfort au quotidien.
6. Où placer les entrées d’air et quels modèles choisir ?
En pratique, les entrées d’air sont généralement :
- Positionnées en partie haute du dormant de la fenêtre, côté intérieur, pour que l’air se mélange à l’air chaud sous plafond avant de descendre dans la pièce
- Intégrées d’usine dans le profilé (PVC, alu ou bois), ce qui garantit une bonne étanchéité et la conformité aux normes.
On distingue plusieurs grandes familles d’entrées d’air :
- Auto‑réglables : débit constant, simples et économiques
- Hygroréglables : débit variable en fonction de l’humidité, plus confortables et plus économes en énergie
- Acoustiques : avec atténuation renforcée du bruit extérieur pour les zones bruyantes.
Ces dispositifs doivent respecter des normes de performance, notamment la NF EN 13141‑1 pour les composants d’entrée d’air et les exigences RE2020 sur la qualité de la ventilation.
7. En résumé : aération et fenêtres, ce qu’il faut retenir avant de commander
- Oui, la réglementation impose un renouvellement d’air permanent dans tous les logements, et donc des entrées d’air dans les pièces principales.
- Non, les entrées d’air ne sont pas obligatoirement sur les fenêtres : elles peuvent être déportées, notamment avec une VMC double flux.
- Dans la majorité des maisons et appartements équipés d’une VMC simple flux, l’option la plus simple et la plus robuste reste la fenêtre avec entrées d’air intégrées en partie haute.
- En rénovation, remplacer des fenêtres anciennes par des menuiseries très étanches sans prévoir de solution d’aération adaptée est fortement déconseillé et peut conduire à des désordres importants.
Avant de finaliser votre projet sur polognefenetre.com, il reste une question clé : votre logement dispose‑t‑il déjà d’une VMC (simple flux ou double flux) en bon état de fonctionnement ?


